Petit_Castor_headerAu Québec la génération Passe-Partout connaît bien le Petit Castor; le plus petit mais le plus fort, et rien ne peut l'arrêter! La série animée n’a pas marquée les jeunes autant que d’autres ont pu le faire mais c’était une émission bien commode selon les circonstances. Quiconque se fiait uniquement au générique du début aurait cru que le Petit Castor était un personnage invincible. Or, la réalité était un peu différente. En effet, il arrivait à notre castor bien-aimé de connaître un mauvais quart d’heure dans son fief, la forêt Clairefontaine. Ça n’arrivait tout de même pas souvent, le temps d’une petite frousse. Bref, si je devais faire un parallèle avec le monde d'aujourd'hui je dirais que Petit Castor était une créature de la trempe de Francis Bouillon, défenseur trapu du Canadien qui n'a pas froid aux yeux!

Je conserve de bons souvenirs de cette série. Je me souviens très bien de la toute première fois que j'ai regardé l’émission. C'était peu de temps après mon retour au Canada de l'Allemagne, au début des années quatre-vingt. En Europe j'avais déjà été gâté par Casimir, Goldorak et Albator. Donc le Petit Castor n’était pas exactement ce qu’on appelait un "progrès". Mais dans une maison où les jouets et distractions étaient rares-on attendait nos boîtes, ça faisait amplement l'affaire. La mission de clouer un enfant tranquille devant la TV pour 30 minutes était accomplie. Je ne veux pas aller trop dans les détails quant à la série comme telle, mais j’aimerais souligner deux détails comme ça; le père du Petit Castor était un personnage sage et rassurant. Toutefois, on savait tous que la situation était critique quand il se faisait du mauvais sang et qu’il apparaissait anxieux! Aussi, je me souviens d’une émission où les personnages cachaient leur nombril durant un orage, craignant le perdre; c’était apparemment une histoire de peur en vogue autrefois au Japon que les parents utilisaient à bon escient afin de convaincre leurs enfants de porter des vêtements plus chauds lors du mauvais temps. Voici une entrée Wikipedia intéressante ici à propos de Raijin (le dieu du tonnerre et des éclairs dans la mythologie japonaise).

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La série était connue sous les noms de Don Chuck Monogatari et New Don Chuck Story au Japon, et elle fut présentée à la TV entre 1975-1978, avec quelques reprises dans les années quatre-vingt. Je croise parfois ici des gens qui ont connu la série mais c'est toujours un peu flou dans leur tête. Avec la quantité d'animation qui se produit au Japon, j'imagine qu'on oublie facilement! Ils sont toutefois toujours très surpris d'apprendre qu'une génération de Québécois écoutaient également le Petit Castor. La traduction française fut produite au Québec, car la série n'a jamais été diffusée en France. Voici une vidéo du Petit Castor, il s’agit du générique d’entrée de l’émission.

Il y a quelques années j’ai appris que le parc qu’on voit dans le générique a réellement existé. Il s'agissait du parc Kourakuen (station Kourakuen-ligne Marunouchi). L’endroit est désormais connu sous le nom de Tokyo Dome City. Toutefois, la thématique Petit Castor a complètement disparue du parc. Jusqu’à tout récemment on y présentait une pièce de théâtre pour enfants avec les principaux personnages du Petit Castor. D’ailleurs, j'avais même planifié d'y faire mon tour l'été dernier pour prendre des photos. Hélas, la pièce a été supprimée de la programmation (dommage…j’aurais dû sauver la photo qui figurait sur l’ancien site web). Il n'y a donc plus aucune trace du Petit Castor au parc selon les informations que je possède (je n’y suis pas allé constater sur place). Heureusement, il y a désormais une trace de cette histoire sur le web! J’avais retardé la publication de cette chronique car je tentais en vain de trouver des photos d’archives des manèges. Malheureusement, mes recherches n’ont pas été couronnées de succès. J'espère toujours, le web c'est magique parfois.

Ici-bas j’ai fait un montage avec une photo vue de haut du parc Kourakuen prise en 1974. On voit la grande similitude avec ce qu’on retrouve dans le générique. Tout y est; seul le positionnement des stades et des manèges diffèrent. Aussi, la hauteur de la tour a visiblement été exagérée dans le générique. Finalement, les alentours des stades sont parsemés de gazon au détriment du béton. Et une fois qu'il s'est lancé, rien ne peut l'arrêter!

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