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Malgré le fait qu’il soit en perte de vitesse en termes de popularité, notamment auprès des jeunes, le baseball (野球 yakyu) reste "big in Japan". Ce sport fut apparemment introduit au Japon en 1872, mais ses origines sont nébuleuses. Petit à petit le pays du soleil levant s’est hissé parmi les puissances dans le domaine tant aussi bien que la nation a même remporté les honneurs de la World Baseball Classic deux fois de suite. Aujourd’hui plusieurs joueurs nippons jouent dans la Ligue Majeure de Baseball, dont le lanceur Daisuke Matsuzaka des Red Sox de Boston qui habita Edogawa-ku pendant un certain temps (j’ai réussi à ploguer mon arrondissement)!

Japan_Baseball_Cap

Le baseball nippon n’est pas si différent de celui de la LMB, sauf pour quelques détails techniques. Quelques exemples: une partie peut se terminer sur une nulle, la balle est plus dure et un peu plus petite, la zone de prise est plus restreinte, etc... Finalement, chaque équipe ne peut compter dans ses rangs plus de 4 joueurs étrangers.

Le 19 août passé je suis allé voir avec des membres de ma belle-famille les Yomiuri Giants l’emporter facilement 4-0 contre les pauvres BayStars de Yokohama. C’était une occasion pour moi de renouer avec le baseball depuis le départ des Expos de Montréal, 5 ans déjà. Même que l’influence de Montréal se faisait sentir par moment; j’avais presque l’impression d’être au Stade Olympique! Ne riez pas, c’est vrai. Saviez-vous par exemple que c’est à Montréal où débuta la tradition de la musique marquant l’arrivée d’un frappeur au bâton? Voici un article intéressant à lire et qui montre à quel point les Expos ont révolutionné le sport à plusieurs niveaux.

Nos Expos, nos Amours

Puisqu’on est dans le vif du sujet, je me permets d’ouvrir une parenthèse, car pour les Québécois de ma génération le baseball n’a rien d’exotique. Il était commun pour les garçons de porter une casquette des Expos pendant l’été et d’avoir un gant de baseball à la portée. Pour une équipe de baseball, le bleu-blanc-rouge des Expos était assez original. D’ailleurs, croyez-le ou non, je vois de temps en temps des gens porter des casquettes des Expos à Tokyo!

Montreal_Expos

J’en ai passé des soirées, des samedi soirs surtout, des dimanche après-midi assis devant le téléviseur afin de voir mon équipe à l’œuvre. Tenez, dans cette pub des années 1980, on peut voir Tim Raines sauter après avoir soutiré un but sur balle. Si ma mémoire ne fait pas défaut ceci avait permit aux Expos d’égaliser à la 9e manche puisqu’il y avait 3 joueurs sur les buts! De plus, je me souviens même qu’à une époque ultérieure nous écoutions les parties à la TV et à la radio en même temps. La TV, c’était pour capter l’image, tandis que la radio c’était pour écouter le duo explosif Jacques Doucet et Rodger Brulotte; ces gens avaient réussi l’impossible, rendre le baseball excitant à la radio! Lorsqu’un joueur des Expos cognait un circuit on s’assurait de monter le volume afin d’écouter l’effet sonore qui marquait l’événement! Il fallait le faire quand même. Souvent la nuit, pendant que j’étais dans mon lit faisant mine de dormir j’écoutais les parties en cachette avec mon walk-man. Le sommeil était doublement réparateur après une victoire de nos Amours! La belle époque. Mes joueurs préférés? Tim Raines, Gary Carter, Andre Dawson, Pascual Perez (et ses mimiques au monticule), El Presidente Martinez, le chat Galarraga, etc... (ah tiens, aucun joueurs des dernières saisons figurent sur la liste). Aussi, une expérience dont je suis fier d'avoir assisté: j'étais au stade lors du match le plus long de l'histoire des Expos (23 août 1989, 22 manches, gagné 1-0 par les Dodgers).

Puis, qui ne se souvient pas de la fameuse saison 1994, l’année des espoirs? Les Expos étaient la puissance de la ligue, massacrant toutes les équipes sur leur chemin. Nul doute que la Série Mondiale était à leur portée. Je me souviens entre outre de Henry Rodriguez enchaînant les circuits un après l’autre; Les gens lançaient des barres de chocolat Oh Henry sur le terrain… Là, les Américains ne la trouvèrent pas drôle. Puis on sait comment cela s’est terminé. Cette fameuse grève, plus qu’on y pense plus qu’il y a des airs de complots là-dedans. Les équipes montréalaises subséquentes étaient certes compétitives, mais le coup de poignard de 1994 fut à mon avis le début de la fin. Je n’ose même pas parler de la pathétique saga qui suivit l’arrêt de travail et de l’escroc qui a manigancé le tout en vue de déménager l’équipe à Washington. Petite consolation: la franchise est un flagrant échec à Washington.

Je me souviens du jour de la dernière partie de nos Amours. Je marchais dans Verdun en soupesant les pour et les contre d’aller voir cette dernière partie. J’avais finalement opté contre. La vérité est que j’avais déjà fait une croix définitive sur le baseball à Montréal. Même qu’afin de faciliter la transition post-Expos, j’avais développé une certaine haine du baseball. Ça a duré longtemps. Ici au Japon, il y avait toujours un peu d’amertume qui remontait à la surface quand je croisais de jeunes nippons avec leur uniforme de baseball sur le dos. C'est pour vous dire...

Une équipe perdue, une autre retrouvée?

Donc, quand j’ai assisté à la partie des Giants, c’était un peu ma façon de me réconcilier avec ce sport. Les Expos me manquent, mais puisque j’habite dorénavant Tokyo j’encourage donc mon équipe, les Giants! Ça ne sera certes pas comme avant, mais au moins c'est ça. Le fait que l'équipe n'oeuvre pas dans la LMB aide un peu. Petite anecdote: je portais pour l’occasion ma calotte rouge des Canadiens de Montréal. Sauf qu'à bien y penser le CH aurait pu faire référence aux Carps d’Hiroshima! Je compte me procurer une casquette des Giants la prochaine fois afin de rentrer dans le rang. Tenez, voici une vidéo de ma visite.



A propos des Tokyo Giants, ce sont comme les Yankees de New York; une équipe riche et arrogante qui signe les meilleurs joueurs disponibles sur le marché. Donc, qui est presque toujours compétitive et qui collectionne les championnats à tour de bras. Bref, on les aime ou on les haït! Leur logo rappelle étrangement celui des Giants de San Fransisco. En effet, il fut calqué sur celui-ci lorsque les Giants étaient à New York.

Quant à mon expérience comme telle au Tokyo Dome, voici quelques détails que j’ai remarqué: les sièges sont plus petits et l’espace pour nos jambes moins grande qu’au Stade Olympique. Ce n’était pas vraiment confortable et surtout pas pratique pour ceux qui sont assis au milieu de la rangée et qui doivent aller au p’tit coin. Heureusement, j’étais assis à côté des escaliers. En tout cas, j’aurais beaucoup de mal a imaginer ce genre d’aménagement en Amérique! Aussi, Le Tokyo Dome a une capacité de 45600. Pourtant, dans une agglomération qui compte plus de 30 millions de personnes, je crois qu’on pourrait facilement ajouter 40000 sièges, non?

En général, les fans applaudissent les bons coups sans plus. Les fans des Giants font tourner leur écharpe orange lorsque leurs favoris marquent un point. Par contre, ce sont les fans dans les "bleachers" qui sont responsables des décibels. Ils sont très organisés, peut-être même trop. C’est un peu impressionnant, mais en même temps ça fait pas très naturel. Je préfère la spontanéité de la foule nord-américaine. Aussi, une section dans le stade est généralement réservée aux fans de l’équipe opposée. Il semble que chaque groupe font entendre leurs encouragements lorsque leur équipe est au bâton seulement. Chaque groupe a son temps, pas d'empiètement. On dirait un genre de code de bonne conduite. C'est bien différent des stades nord-américains où les fans de l’équipe locale se font un devoir d’enterrer les encouragements des partisans de l’équipe ennemie!

Finalement, il faut bien parler des "Beer Girls", ces jeunes femmes (pour ne pas dire des filles) qui parcourent les estrades sans relâchement afin d'étancher la soif des amateurs. De vrais petites abeilles à l'oeuvre. Elles méritent pleinement leur salaire. Par contre, elles sont si nombreuses qu'on finit par se demander si le spectacle est dans les gradins ou sur le terrain!