Triangle_Hamada_Syouzou

Curieusement c’était un des rares endroits dans la ville où je n’avais jamais mis les pieds. Il y en a d’autres, remarquez. Pourtant j’ai frôlé le secteur à quelques reprises; en longeant la rivière Edogawa par exemple, ou en explorant des lieux situés tout près, dont une partie du Azuma-ibori shinsui. Sports Land aussi n’est pas très loin de là.

Shinoda_hori_MapUn jour de Janvier en visitant des amis j’avais remarqué la présence d’une œuvre plutôt étrange, mais aux traits familiers: c’est qu’on retrouve ces curieux visages de pierre rongés par le temps un peu partout à l’est de la Shin-Nakagawa. J’apprendrai plus tard que ces sculptures sont l’œuvre d’un certain Hamada Syouzou. Il en a fait plus de 32 pour Edogawa-ku entre 1987 et 1994 (pour les amateurs de la chose, son site vaut le détour). De retour à la maison j’ai vite consulté ma carte afin de situé l’emplacement du "triangle", à ma grande surprise un shinsui avait échappé à mon attention. Dès lors, ce n’était qu’une question de temps avant que le gars d’Edogawa y plante son drapeau.

C’est donc par une chaude journée de septembre que j’ai enfourché mon vélo afin d’explorer ce coin mystérieux. Localiser le Shinoda hori shinsui fut un peu hasardeux, et ce, même si j’avais emmené avec moi ma vieille carte. J’ai dû débarquer de mon vélo à quelques reprises afin d’y voir de plus près. Voilà, sur la pointe sud deux shinsui se croisent (Azuma-ibori), d’où la confusion. De plus, il y avait plein de personnes âgées qui traînaient dans ces lieux, sans doute une maison de retraite dans les parages. Toutes se sont tues à ma vue, et mon ensuite observées avec curiosité. Un silence un peu lourd régnait, c’était à vrai dire un peu intimidant. Un monsieur tout près de moi qui avançait péniblement à l’aide de sa canne a stoppé sa marche, m’a regardé avec un visage impassible pendant un instant et m’a dit quelque chose. Je n’ai pas compris, mais j’ai sourit en retour et je me suis excusé. C’est à ce moment en me levant la tête j’ai cru voir un gros point de verdure entre deux maisons.

Rendu sur place il n’y avait plus de doute, la présence d’une petite statue au bord d’un ruisseau marquait le début du shinsui. Petit visage souriant, mais pour combien de temps encore? Quelques saisons de typhons, des mains d’enfants entreprenantes et la figure de bonheur ne sera plus distinguable je crains. Soutenant sa tête avec son bras, on dirait qu’il m’attendait depuis longtemps le pauvre. Me voilà! C’est ainsi que débuta alors le vrai périple du Shinoda hori shinsui.

On retrouve des industries du côté est du shinsui, dont Oji Paper. Mais on ne les voit pas, à moins d’avoir une tête trop curieuse. Présence de gros camions, sons de machineries tout de même. Par contre on finit toujours par oublier les tracas lorsqu’on marche le long d’un shinsui. La beauté de la chose. De l’autre côté, d’imposants complexes résidentiels; je ne savais pas qu’il y en avait de si gros dans le secteur. Plus au nord le ruisseau traverse de vieux quartiers, quelques résidents se sont un peu appropriés les lieux en ajoutant une touche décorative au paysage -des plantes essentiellement.  On ne sait pas trop où cette aventure s’arrête au nord. Pour moi c’est la statue de la femme qui tient son enfant dans ses bras et qui transporte un gros panier sac-à-dos. Après cela, c’est le "deep Shinozaki".

Un autre magnifique shinsui qui mérite le détour, il faudra y retourner lors des sakura.

Pas de vidéo cette fois-ci, que des photos

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