Nippo_cyclis-1

Il y a quelque temps de cela alors que je me rendais à la station Kasai en vélo, j'ai aperçu au loin ce qui semblait être une petite commotion dans un secteur paisible de Higashi-kasai.

Au fur et à mesure que je m'approchais de la scène j'ai cru deviner qu'une voiture avait heurté un cycliste. Sortie de son véhicule, la conductrice était toute affolée. Elle était au bord des larmes et se confondait sans cesse en excuse au cycliste dont le vélo n'était plus qu'un amas de ferraille. Celui-ci riait nerveusement: le rire d'un gars fautif qui l'a échappé belle. 

Et j'ai immédiatement reconnu le cycliste en question. Un véritable danger public.

Subitement ma face de gars curieux s'est transformée en face de gars pas impressionné. Regard réprobateur, j'ai probablement roulé mes yeux même. J'ai aussi surtout eu pitié pour la femme qui s'en faisait un peu trop. Je paris même qu'elle a donné des sous à notre cascadeur afin qu'il puisse s'acheter un nouveau vélo et recommencer son p'tit manège de terreur routière.

Pourtant même si je n'étais pas là au moment de l'accident je suis persuadé que le fautif était le cycliste qui a ignoré de faire son arrêt (comme 99% des cyclistes à cet endroit). N'oubliez pas, on ne parle pas ici de larges routes nord-américaines, mais un secteur shitamachisant -rues étroites avec visibilité grandement réduite où la vigilance est de mise en tout temps.

Quelques jours plus tôt ce même p'tit monsieur avait brûlé une lumière rouge pas très loin de là, une autre intersection en l'occurrence. Notre ami n'avait même pas pris la peine de ralentir avant de traverser, il n'avait pas regardé à droite ou à gauche, ni même tendu l'oreille afin d'écouter un possible rugissement d'un moteur qui venait dans sa direction. Non, monsieur avait passé tout bonnement comme si rien n'était. Une voiture avait dû freiner brusquement d'urgence, crissement des pneus, un drame évité de justesse. Tout ça devant moi. Je me souviens trop bien de la face confuse du conducteur, complètement sous le choc.

Et notre ami cycliste? Ben, il s'est retourné une fraction de seconde d'un air médusé afin de jeter un coup d'oeil, puis a continué son chemin.

Cette lumière de circulation, il fallait la regarder avant de traverser l'intersection.