Un gars à Edogawa

Un Québécois vivant dans l'arrondissement d'Edogawa à Tokyo. A French-Canadian living in Edogawa, one of Tokyo's special ward.

07/11/09

Myoukenjima: île d'histoires -3 (photos)

Myoukenjima n'a pas toujours été envahie par les usines et entourée de béton armé. L'île possède sa petite histoire, ou plutôt elle figure timidement à travers des bribes d'histoires. En effet, l'endroit n'a jamais véritablement été perçu comme une entité en soi, mais comme faisant partie d'un secteur tout en occupant un rôle très secondaire. Pour en savoir plus il faudrait idéalement connaître l'histoire des secteurs de Uruyasu (Nekozane) et Higashi-kasai. Mon billet n'ira pas aussi loin dans les détails.

Myouken_1950

La première mention de Myoukenjima dans les archives date de 1362. On y mentionne qu'un temple fut construit à cet endroit. C'est tout. On disait aussi à l'époque que c'était une "île flottante", sans doute une référence à son instabilité; les courants et les tempêtes ont continuellement façonné, érodé, cet amas de sable et de terre dans la rivière Edogawa. D'ailleurs, c'est un fait l'île "bouge" et se déplace lentement vers Chiba. Il fut un temps où elle était plus près de la terre ferme côté Edogawa-ku. C'est peut-être pourquoi les autorités n'ont pas lésiné sur la construction d'une imposante digue de béton tout autour (en cour)

Myouken_seawall_underconstr

Le traffic de bateaux dans le secteur était très important. Il faut dire que les embouchures des canaux  Furukawa et Shinkawa sont situées tout juste au nord de l'île. Le sel de Gyotoku en direction d'Edo passait donc dans les environs. Les archives mentionnent la présence d'un château dans le secteur; le château Nagashima (ce n'est pas clair si c'était situé sur la terre ferme ou sur l'île -mon hypothèse: probalement sur la terre ferme si je me fie à la toponymie qu'on retrouve un peu au nord de la station Kasai). Peu importe, ce qui est important à comprendre, c'est que Myoukenjima était localisé dans un secteur où le commerce était florissant, sans toutefois jouer un rôle prépondérant. Il y avait un port Nagashima dans les environs aussi (encore là, point d'interrogation). Les usines commencèrent à pousser sur l'île vers la fin de l'époque Meiji et lors de la Première Guerre mondiale. Le premier pont Uruyasu qui relia Edogawa-ku à Uruyasu tout en enjambant l'île fut construit en 1914.

Myouken_1953

Myouken_1968

Petit retour en arrière, en 1895 l'île devint une propriété de Tokyo. Myouken est une divinité bouddhiste et l'île aurait été baptisée ainsi par un certain monsieur Chiba qui était du groupe bouddhiste Nichiren-shu et qui souhaitait étendre l'influence de sa religion dans les environs. Le premier temple myouken situé sur l'île fut plus tard déménagé à Ichinoe (myokakuji). Finalement, petit détail, Myoukenjima figurerait dans un roman, un vieux classique, "Aobeka Monogatari" écrit par Shūgorō Yamamoto. Toujours dans un rôle très secondaire quand même!

Myouken_1972_1 

Myouken_1972_2

Myouken_19xx

Finalement, aujourd'hui Myokenjima a ceci de particulier: c’est la seule île naturelle de Tokyo (700 mètres par 200)! Les autres îles sont artificielles (résultat de remplissage). L'île abrite également le seul love hotel accessible par bateau -l'hotel fut bâtit sur le site d'un ancien chantier naval.

Voici mon album Flickr de Myoukenjima:

1GAE_Photostream_Myoukenjim

Les liens suivants traitent aussi de Myoukenjima (japonais).

Myoukenjima Wikipedia

Myoukenjima 妙見島 blog japonais

05/11/09

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27/10/09

Myoukenjima: l'île aux camions -2 (vidéo)

Première incursion

Seul l'inconnu épouvante les hommes. Mais pour quiconque l'affronte, il n'est déjà plus l'inconnu (Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes).

Myouken_exploration_map

Nous sommes finalement allé au restaurant en taxi. Un samedi aux alentours de midi. Le restaurant était en fait au deuxième étage du Edogawa Marine Club (マリーナニューポート江戸川). L'endroit sert aussi de cafétéria pour les élèves du club qui veulent décrocher leur permis de navigation. Décor thalassa, sobre, avec vu sur les embarcations amarrées ballotant au gré des vagues. Pas du tout froid, même si nous étions à l'ombre et que l'endroit aurait pu contenir plus de tables. La bouffe? Des pâtes. Pas mauvais, mais rien d'exceptionnel. C'était bien une sortie familiale, mais peut-être l'envie d'explorer les lieux primait. Pour moi en particulier. Sachant comment se rendre sur l'île nous décidâmes de retourner à la maison à pied. De toute façon le soleil était radieux; un soleil fin d'automne début d'hiver, magnifique, dont les rayons inclinés brouillent la vision et illuminent les lieux en y ajoutant une touche toute spéciale orangée. Une lumière qu'on ne retrouve pas au Canada. Peut-être que si, mais très rarement de mémoire. La neige fausse assurément la donne là-bas. Quelques photos furent prises, mais beaucoup de sites restèrent inexplorés. Néanmoins, la première limite était franchie, et cela en soi était satisfaisant. De toute façon il ne fallait pas se leurrer, ce n'était une question de temps afin que je revienne seul inspecter les lieux.

Myouken_pietonniere

Premières impressions? Une île en apparence déserte, poussièreuse, pas vraiment accueuillante. Surtout aux piétons. En fait, je n'ai jamais vu de piéton sur l'île; et c'est à se demander pourquoi le trottoir surélevé longeant la digue fut bâtit en premier lieu. Chaque bout de chemin de cette route piétonnière, chaque x mètres, possède sa propre plaque commémorant son inauguration. Il semble qu'on ait procédé par étape, sur plusieurs années. Peut-être fut-il un temps où Myokenjima voulait s'ouvrir un peu plus sur le monde? Plutôt la norme. Le béton coule à flot au Japon. De plus, plus on s'enfonce dans l'île plus que ce trottoir devient craquelé, jonché de déchets.

L'île aux camions

Myouken_trucks

Les mois passèrent et je décida de retourner sur l'île afin d'explorer un peu plus, repousser encore une fois les limites. Par l'entremise de blogs japonais j'eus connaissance de l'existence d'un autel shinto sur l'île, mais je ne savais pas trop où. L'autel comme tel n'avait rien de spécial; on en retrouve des milliers au Japon comme celui-là. Mais c'est le seul à Myouken et sa visite revêt d'un caractère symbolique pour les aventuriers de l'île. A l'aide de Google Maps j'eus peu de peine à localiser le site. Je retournai donc en vélo, en le garant tout près du love hotel. Puis je marchai jusqu'à la première frontière connue, celle du Edogawa Marine Club.

Myouken_shrine2

A l'exception de l'entrée qui donne sur l'île, on accède aisément au Edogawa Marine Club. Un coup on tarverse la route il suffit de marcher sur la route piétonnière qui longe la digue. Par contre après le le club aquatique la route tourne vers l'intérieur. Cette bifurcation d'apparence anodine n'est pas sans danger, car il y a point de trottoir et les camions sont nombreux à circuler, surtout lors des journées de semaine. Myouken avalent et crachent les camions sans arrêt, quotidiennement, possiblement par centaines. Des camions qui trainent dans leur sillons la poussière, la saleté industrielle, le temps, l'abandon des agriculteurs. A cet endroit il y a souvent un vieil homme qui gèrent le traffic. Car les camions sont aussi, et avant tout, une menace pour les autres camions. Ce sont les gardiens de l'île, les murailles mouvantes qui sèment les doutes. J'aurai pu continuer ma route en passant par le stationnement du club aquatique, mais j'aurai dû composer avec d'autres obstacles par la suite. Ça n'en valait pas la peine. Je continua ma route en serrant les buissons et en ouvrant grand les yeux.

Myouken_near_shrine

En m'enfonçant plus à l'intérieur de l'île je fus étonné de découvrir des blocs appartements -ou des dortoirs: il y avait des gens qui vivaient sur cette île laide asservie par les industries! Des personnes agés? Des travailleurs? Des récalcitrants? Des marginaux? Au Japon, peut-être même des familles. Je n'en sais rien, car je n'ai jamais croisé personne, que des conducteurs de camions. Je retrouvai enfin le banal autel shinto, avec ses deux "koma-inu", genre de chiens-lions qui protègent les lieux des esprits maléfiques. Un style quand même particulier. En retournant sous les portes shinto (torii - 鳥居) je vis que la route continua vers la rivière Edogawa, mais je n'osai pas. La route semblait rétrécir encore, mon imagination sans doute, et la découverte de l'autel m'avait momentanément fournie la dose d'enivrement que je recherchais. Après les photos je décidai donc de retourner sur mes pas. Toutefois, l'effet euphorique s'estompa en cour de route et je fus tout d'un coup déçu de ma décision de ne pas avoir continué mon chemin. La bifurcation dangereuse étant déjà derrière moi, il était trop tard. J'entrevoyais donc de contourner l'île de l'autre côté afin de compenser pour cette maladresse que je ne comprenais plus.

Myouken_next_lovehotel

Il fallait donc se rendre vers le love hotel pour amorcer le contournement vers l'est. A cet endroit il y a un passage en terre qui débouche éventuellement sur de l'asphalte, avec des mauvaises herbes sur les côtés. Pourtant, là encore j'hésitai. Et pendant de longues minutes même. C'est que lors de mes lectures antérieures sur internet, un bloggueur japonais avait, à cet endroit précis, eu la frousse. En marchant il avait crût entendre une voix grave lui crier "qui va là"? Cela l'avait apeuré un peu, mais il avait continué en regardant droit et en serrant les poings. En marchant tranquilement dans cette direction j'entendis cette même voix dans ma tête. Moi aussi j'hésitai, mais contrairement à mon prédeccesseur je rebroussa chemin. Une lâcheté calculée, je savais que ce n'était que partie remise. J'enfourchai mon vélo, et retourna à mon bled afin d'admirer mes photos, mes trophées. Possiblement aussi pour planifier ma prochaine visite.

Jamais deux sans trois

Les mois passèrent encore une fois. Puis, armé d'une nouvelle caméra, vint le jour où je décidai de retourner sur l'île mystérieuse. Il faut dire qu'à ce stade-ci des événements l'aspect mystèrieux de l'endroit s'était estompé de beaucoup, mais non pas le sentiment d'avoir vaincu les lieux. L'île, c'était encore ce petit cabanon de mon enfance, avec des barbelés tout autour et des histoires sans fins. C'est pourquoi cette fois-ci il n'y avait plus de retour en arrière, plus d'hésitations; il était temps de fermer le dossier Myouken dans mon imaginaire. Du moins temporairement, car il reste des secrets sans doute.

Myouken_passage

Première étape je tentai de contourner l'île par l'est, là même où j'avais imaginé la voix rauque d'une obscure sentinelle. Je fis un bout de chemin en prenant soin de prendre des clichés. Chaque mètre valait sa photo! Rien de spécial comme tel toutefois. Plus je m'enfoncais plus l'asphalte avait cédé à la verdure. Il y avait bien des voitures stationnées; certaines depuis très longtemps. Puis le chemin rétrécissa progressivement. Hélas, une usine barrait le chemin et il n'y avait plus d'issues. Un graffiteur aussi avait été stoppé dans sa quête de marquer sa présence. Il fallait faire demi-tour. En cour de route je remarquai quelques habitations misérables cachées derrière une clôture et des arbustes qui n'avaient probablement jamais été taillés. Les murs de ciment fendillés étaient d'un gris sale et les toits de métal rouillé. A Myouken, on ne se soucis pas des détails. Le laissez-aller. L'embellissement, la fierté des lieux, sûrement pour les gens de la terre ferme -même si en général la terre n'est pas vraiment ferme à Edogawa-ku. C'est comme si les rares habitants vivants sur l'île avaient abdiqués. La ville aussi d'ailleurs, en se fiant à la propreté des lieux. Dans les environs il y avait même une chaloupe avec des herbes qui poussaient dedans. C'est pour vous dire... Je me demande encore aujourd'hui comment on peut vivre sur Myouken.

Myouken_pgis

Ensuite, je retournai à l'autel prendre d'autres clichés. Puis continua ma route jusqu'à l'extrémité nord de l'île. La limite finale avait été franchie (enfin presque puisqu'on peut marcher sur les digues). Une clôture marque la fin de la route piétonnière. Celle-ci n'est visiblement pas utilisée, du moins par les piétons; craquelée à maintes endroits, avec du gazon bien haut qui pousse de partout, et des déchets qui s'amoncellent ci et là. Des débris de toutes sortes, dont certains de grandes tailles comme un sofa. Voilà à quoi sert la route, de dépotoir! J'ai remarqué qu'à cet endroit des hommes dans leur camion me regardaient; ils devait être curieux et se poser bien des questions quant à la présence d'un "gaijin" dans les parages. Peut-être se sont-ils demandés s'il y avait quelque chose de spécial sur l'île dont ils ignoraient. Au bout de l'île je fus quand même assuré de voir de loin la tour Funabori. C'était l'heure de rentrer. La mission était accomplie.

Voici ma vidéo de Myoukenjima:

A suivre...

18/10/09

Myoukenjima: l'île mystérieuse -1

Myokenjima_intro

Tout jeune j’habitais sur une base militaire non loin de Montréal. Il y a avait dans le fin fond d’un champ, derrière les habitations familiales, une genre de petite cabane en brique qui était hors d’accès. Il y avait une clôture en barbelée qui délimitait la base, puis une autre autour du cabanon en question. On avait beau s'en approcher, le minuscule bâtiment restait toujours éloigné. De quoi à alimenter les imaginations fertiles des enfants.

Je me souviens d’un certain vendredi après-midi il y a de cela très longtemps où une bande de gamins et moi étions là à glaner et à se conter des histoires de peurs à propos de ce cabanon. Dans le contexte de la Guerre Froide, nos histoires faisaient souvent références aux Américains, aux Russes et à des trucs militaires. Nous connaissons tous les refrains des histoires d'enfants: "j’ai entendu dire que…",  "mon père m’a dit que…",  "apparemment…", "l'autre jour j'ai vu un homme y entrer et il n'est jamais ressorti..." De fil en aiguille il n'y avait plus de doute: le cabanon était l'entrée d'une base secrète souterraine. Evidemment, l'endroit n'avait probablement rien de spécial, abritait possiblement seulement un transformateur, mais à force de se compter des peurs notre histoire avait pris des proportions gigantesques!

Pourquoi cette anecdote du passé? Parce que à l'est d'Edogawa-ku il y a une petite île mystérieuse au milieu de la rivière Edogawa. La première fois que j’ai passé à côté du site c'était lors d’une randonnée en vélo. Je me souviens comment mon imagination de gamin s’était aussitôt activée à la vue des établissements industriels qui parsemaient le site: "ah, voilà une base secrète"! Ce n’était pas du tout sérieux, même que je ricanais dans ma barbe. C'était justement un clin d'oeil au passé. Par contre, la vérité est qu'il y a bel et bien une aura mystérieuse qui entoure cette île. Il y a une force qui nous y attire, mais en même temps on ose pas trop. Je me disais qu’un jour j’étais pour y jeter un coup d’œil de plus près. Puis le projet est disparu de mon radar pendant de longs mois. Le brouillard.

Puis, un jour ma femme m’a montré une publicité. C'était à propos d’un restaurant situé sur l’île Myouken. "Quoi, il y a un restaurant sur cette île?", m'étais-je exclamé. Pourtant l'endroit ne semblait pas très accueillant et difficilement accessible. Je me disais que ce n'était pas sérieux, que les clients devaient se faire rares, etc... En effectuant plus de recherche sur Myoukenjima j’appris que je n’étais finalement pas le seul qui trouvait que cette petite île avait un je ne sais quoi de spécial. En effet, quelques blogueurs japonais avaient également eu une drôle impression lors de randonnées dans le secteur. Même qu'un d'entre eux mentionnait qu’il regrettait d’avoir écrit sur le sujet puisqu’en faisant cela il contribuait à tuer un peu le mystère…  Et c’est là que j’ai repensé à mon histoire.

à suivre...

13/10/09

Myoukenjima 妙見島

Myoukenjima_1968

Voici une photo aérienne d’Edogawa-ku prise en 1968. A l’avant-plan, le secteur Higashi-kasai. On peut aussi voir la ligne Tozai en construction. Toutefois, à droite il y a une île qui semble, tel un brise-glace, élargir la rivière Edogawa sur son passage. C’est Myoukenjima. L’île fera l’objet d’une série de billets prochainement. A suivre!

11/10/09

Une digue, deux mondes

M_K_Digue_1

Aujourd'hui je suis allé prendre une marche sur les digues, à Minami-kasai. C'était une très belle journée ensoleillée. Ça faisait un bout de temps que nous n'avions pas eu droit à pareille météo; nous avions eu droit quelques jours auparavant à beaucoup de pluie, résultat du passage d'un typhon. A part de nombreuses petites branches qui jonchaient les sols près des parcs, il n'y a pas eu de dommage dans les environs.

M_K_Digue_2

Par contre, du haut des digues j'ai pu voir les cadeaux qu'avait justement laissé le typhon: des tonnes et des tonnes de déchets et de débris de toutes sortes. C'est comme ça sur plusieurs kilomètres. Il y a des employés de la ville qui vont suer bientôt!

Il y a eu évidemment beaucoup de désagréments lors des grands vents. Par exemple, le service de la ligne Tozai fut interrompu et j'ai dû prendre la ligne Toei-Shinjuku pour aller au travail. En traversant le pont enjambant la rivière Arakawa j'ai eu droit à un spectacle quelque peu impressionant: les eaux étaient très agitées et beaucoup plus haut que d'habitude. Les sans-abri sous la "shuto express" ont fait leur temps, c'est sûr.

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07/10/09

Sarulock

Sarulock

Dernièrement, une collègue de travail me demanda si ma ville était devenue indépendante. Je ne comprenais pas trop de quoi elle parlait. Etant Québécois, je me demandais même s'il y avait une quelconque référence à la question nationale du Québec. Finalement, après quelques explications j'ai compris qu'elle faisait allusion à une comédie japonaise qui s'appelle Sarulock (dans le contexte ça veut dire "serrurier singe"), et qui passe tard le jeudi soir. La comédie est basée sur une manga.

Moi, les comédies japonaises, ce n'est pas mon fort. En fait, je crois que c'est de même pour les Occidentaux en général. Je ne comprends pas l'humour japonais; j'ai beau poser des questions, j'ai droit à des silences embarassants ou à toutes sortes d'explications qui ne font pas de sens. C'est peut-être ça dans le fond, "pas de sens"... D'ailleurs, je ne prendrai pas la peine d'expliquer le synopsis de Sarulock, tellement que c'est invraisemblable. Par contre, la comédie comme telle se déroule effectivement à Edogawa-ku, et il y a une émission où apparemment des gens manifestaient pour l'indépendance de l'arrondissement.

Fait intéressant, lorsque lorsqu'on montre une vue générale d'Edogawa-ku, le mont Fuji figure dans l'arrière-plan. On dirait aussi la campagne. Or c'est impossible puisque l'arrondissement est située à l'est de Tokyo. C'est probablement l'image que les Tokyoïtes ont de l'arrondissement, car ils sont nombreux à ne pas connaître le secteur.

   

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05/10/09

Un livre sur Edogawa-ku!

Edogawa_Ku_hon

Nouveau bouquin mettant en vedette Edogawa-ku. Le livre est disponible depuis le 1er octobre dernier (¥1900 - environ $20). Je me le suis procuré dans une librairie à côté de la station Kasai. Toutefois, on peut le trouver un peu partout dans l'arrondissement je crois; je l'ai même aperçu au Ito Yokado à Higashi-kasai. Comme j'avais réservé ma copie d'avance, j'ai eu droit à un cadeau inédit: le stylo officiel ni plus ni moins avec une filière transparente Doraemon. Je sens que je vais faire des jaloux!

A l'intérieur, surtout des images d'archives avec de brèves explications qui datent de la période 1955-1974, comme il est indiqué sur la couverture. Certaines images tombent à pic pour mon blog, d'ailleurs. Je possède déjà quelques vieux bouquins d'Edogawa-ku, plutôt de publications officielles de la ville, avec quantité de vieilles images, gracieuseté de la grand-mère de ma femme. Ça promet!

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03/10/09

Dommage...

JO_Tokyo_2016

C'est finalement Rio qui organisera les Jeux olympiques de 2016. La candidature de Tokyo était pourtant très solide à tous les niveaux, contrairement à... Plusieurs avancent que la question de l'alternance des continents aura eu raison de la capitale nipponne. C'est fort possible, mais au fil des temps les JO sont devenus le théâtre de surenchères politiques; et voilà un tableau auquel les Japonais ont beaucoup de difficultés à jouer, du moins sur le plan international. De plus, l'allié américain soutenant le candidature de Rio après la défaite de Chicago est bien révélateur.

J'étais trop jeune pour vivre les JO de Montréal en 1976, mais j'en ai entendu des histoires! J'aurais bien aimé les vivre ici à Tokyo, même si ce n'est plus ce que c'était. Pour dire la vérité j'ai à peine regardé les JO de Beijing, même si j'étais avantagé sur le plan fuseau horaire. La candidature de Tokyo avait quelque chose que j'ai trouvé pratique; faire du neuf avec du vieux. Quand on sait ce qui advient des infrastructures olympiques après les JO... Ceut été peut-être une inspiration pour Montréal.

Pure "coïncidence", le stade athlétique d'Edogawa-ku à Rinkai Cho fut rénové récemment. De plus, d'après le journal local, les épreuves de natations auraient eu lieu à Kasai rinkai koen. Voici un croquis ci-dessous du site qui était projeté, et qui est maintenant tombé à l'eau!

Kasai_r_k_Nanation_2016

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30/09/09

Le bouddha de Joryuji

Joryuji_bouddha

Le temple Joryuji est situé tout près de la maison de Tajima, un peu à l’est (5 minutes de marche). D’après des informations trouvées sur Internet, c’est là qu’on retrouverait la sépulture du samouraï Hotta Zusho. Toutefois, je ne l’ai pas remarqué lorsque j’y suis allé. Premièrement, je n’avais pas pris connaissance de cette information avant ma visite. Deuxièmement, parce que l’attraction principale du temple est une grosse statue de bouddha, la plus grosse statue de pierre de l’arrondissement Edogawa-ku. Cadeau de la famille Tajima en 1663, la statue est aujourd’hui une des 6 "daibutsu" (les six grandes statues bouddha de Tokyo).

Carte_Tajima_Joryuji

Tout comme la maison de Tajima, le temple Joryuji est désigné comme site historique par Edogawa-ku. Habituellement, visiter un temple, un cimetière, ne pose pas problème dans les environs. Il y en a un peu partout et personne n’est constamment sur place pour surveiller quoi que ce soit. Il semble que ce ne soit pas le cas là-bas. Bien que le monsieur qui gardait (ou entretenait) les lieux semblait très accueillant et affichait un sourire sympathique, il m’a semblé un brin nerveux lorsque je me promenais sur le site avec ma caméra. Résultat: j’ai pris quelques photos seulement et écourté ma visite. Dommage, parce que l’endroit est particulièrement bien aménagé.

Voici les quelques photos:

1GAE_Photostream_Joryuji

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20/09/09

La maison de Tajima

Tajima_nanushi

Durant la période Keicho (1596-1615), un samouraï nommé Hotta Zusho décida de s’établir dans le secteur Ichinoe Sinden (Ichinoe-est) pour le compte de la famille Tajima (qui elle habitait plus au nord). Il défricha les terres, cultiva le riz, et il prit aussi le nom de la riche famille qui le commanditait. Les années passèrent et les descendants du Samouraï Tajima occupèrent toujours la place centrale dans le secteur; celle du "nanushi" -chef de village. La résidence familiale fut agrandie à maintes reprises, la dernière modification d'importance date de la période Edo avec l'ajout des grandes portes.

Edogawaku_nanushi_map

Site historique depuis le 13 janvier 1981, la maison de Tajima est la seule du genre à Tokyo. On peut la visiter tous les jours de la semaine (10:00-16:00), sauf le lundi et le mercredi (et aussi lors de la période du nouvel an -28 décembre au 8 janvier). La famille Tajima, qui habite dans une grande maison moderne à côté du site historique, l’utilise parfois pour des activités familiales. Il en coûte 100 yens pour la visiter.

Ichinoe_nanushi_depliant

Paraît qu’il y a beaucoup d’enfants qui viennent jouer dans la maison après l’école. Généralement, c’est assez calme. Les visiteurs étrangers sont assez rares et leur présence suscite la curiosité, car très peu de gens, même Japonais, connaissent l'existence de ce lieu. Quant à moi, j’ai visité la maison à deux reprises. La première fois c'était une demoiselle qui gardait la maison. Elle était très sociable et parlait couramment l'anglais. Ma deuxième visite fut un peu plus laborieuse; j'avais affaire avec un homme un peu vieux et méfiant. Il est devenu plus amical et bavard lorsque je lui ai parlé en japonais. Je passe parfois dans le secteur, c’est assez facile à repérer; il suffit de suivre l’autoroute 7 direction est et un coup on traverse la Shin-Nakagawa il faut regarder à gauche. Quand on voit une concentration anormale d’arbres et de verdure, c’est là.  Attention aux moustiques, ils sont particulièrement redoutables dans le secteur et ils semblent bien apprécier le sang canadien!

Voici mon album photos su Flickr.

1GAE_Photostream_Ichinoe_na

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11/09/09

II

Voici un extrait du film animé Patlabor 2, oeuvre du réalisateur japonais Mamoru Oshii. Le film date de 1993. J'ai hésité pendant des années avant de mettre ce clip sur mon blog. Je ne sais pas pourquoi. Pendant mes études universitaires, je m'intéressais beaucoup à la polémologie et les études sur les guerres et conflits. Quiconque s'intéressait sérieusement à ces questions à l'époque avait une bonne idée de ce que l'avenir réservait. J'en dis pas plus. Par contre, je me souviens comment j'avais trouvé ce passage de Patlabor 2 particulièrement génial. Je vous rappelle que c'était dans les années 90. Aujourd'hui, avec le recul, et en sachant ce qui est arrivé, je me dis qu'il y avait quelque chose de très prémonitoire dans ce film. Qu'en pensez-vous?

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08/09/09

Nouveau complexe immobilier près de Recreation Koen - Réponse

m_k_ntrk

En fait, depuis 2 ans au moins 3 complexes immobiliers ont vu le jour aux côtés du parc Recreation (secteur Minami-kasai). Par contre, celui-ci a un p'tit quelque chose de spécial. Quoi au juste?

Je vous donne la réponse dans quelques jours!

Réponse:

Désolé pour ceux qui s’attendaient à une réponse étonnante, hors de l’ordinaire... En passant, le 3e étage ne donne pas une vue imprenable sur Recreation koen, mais de là j'imagine qu'on peut observer le petit train qui sillonne le parc lorsqu’il traverse un petit viaduc.

Quand même voici: cet immeuble fut bâtit sur un champ de komatsuna. Pas n’importe lequel, celui que j’ai pris en photo pour ce billet. Un tout petit bout de terre! En toute honnêteté, je trouve cela un peu dommage parce que j’aime particulièrement ce coin à Minami-kasai. C’est un endroit qui "respire", comme si la ville avait poussée tout autour et avait oubliée quelques lopins. Il faut croire que c’était une question de temps avant que le béton prenne racine là-bas; possiblement que le propriétaire se faisait vieux, etc...

Le matin en allant au travail en vélo j’aimais bien passer à côté de mon "champ de komatsuna", particulièrement en janvier lorsqu’il faisait frais. C’est drôle, mais c'est comme si le vert éclatant du komatsuna avait un semblant de printemps, de quoi réchauffer l’esprit pour quelques secondes -des secondes qui faisaient la différence pour les heures qui suivaient justement.

Et ce n’est pas tout, un autre champ komatsuna un peu plus au sud fut transformé en …stationnement (rectangles rouges). Il reste tout de même 2 champs, mais pour combien de temps?

komatsuna_gone_1

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04/09/09

法龍寺 Houryuji ou le temple des grenouilles

Houryugi_Header

En 2007, peu après mon arrivée au Japon, j'ai eu vent d'une histoire à propos d'un temple aux grenouilles à Funabori. C'était assez vague. Le tenancier avait apparemment une passion effrenée des grenouilles, au point où il collectionnait tout objet aux allures du batracien (il y a une femme à Ichinoe connue aussi pour une passion semblable). A quelques reprises je me suis aventuré dans un secteur précis où supposément était situé ce curieux temple, mais je revenais toujours penaud à la maison. Même le beau-frère un jour vint prêter main forte aux recherches, mais pas de chance. Il y avait bien plusieurs temples dans les environs, mais aucune trace de grenouille nul part. Je me suis dit que c'était possiblement de l'histoire ancienne finalement, le temple avait peut-être changé...

Le mystère a persisté pendant longtemps. Puis un jour, alors que je marchais comme ça dans le secteur Funabori 6 chome en empruntant une petite rue que je n'avais jamais fréquenté, je découvris un endroit cerné par une grande haie. Ensuite, je vis une statue typique des temples bouddhistes. En faisant le tour, je découvris une entrée ornée de statues et de stèles. Toutefois, l'entrée était fermée. J'ai trouvé ça curieux, sans plus. Je pouvais cependant observer à travers une fissure que l'endroit en question était un cimetière. Je pris une photo d'un écriteau en métal situé à l'entrée. Il y avait le logo d'Edogawa-ku dessus, je me suis dit que l'endroit avait peut-être quelque chose de spécial, quelque chose d'historique.

Houryuji_haie

Quelques heures plus tard, alors que je visionnais mes photos, j'ai subitement repensé à ce fameux temple aux grenouilles. Je demandai donc à ma femme de lire ce qui était écrit sur l'écriteau. C'était un peu compliqué, à cause des vieux kanjis et du langage religieux employé, mais il y avait bel et bien mention de grenouilles! Enfin, j'avais trouvé le lieu mytique. Le plus drôle est que j'avais déjà visité tous les alentours, sauf cet endroit!

Quelques semaines plus tard, lors d'un dimanche après-midi, je retournai sur les lieux. Je découvris finalement une autre entrée. Tout près il y a avait une collection d'objets de grenouilles exposés sur des tablettes. Nul doute que j'étais au bon endroit! Ensuite, je vis une statue de grenouille dans un petit bassin d'eau, mais les plantes encombrèrent ce petit lieu charmant. Et... ce fut tout. Il n'y avait pas temple imposant, le cimetière était banal comme les autres. En toute honnêteté, j'étais un peu déçu. Quand même, j'avais éclairci un mystère. De plus, voici ce que dit en partie l'écriteau: le temple est de la secte bouddhiste "jyodo shu". Une sépulture de samurai se trouve sur place. Plus loin, on raconte que lors des débuts de l'ère Showa plusieurs secteurs d'Edogawa-ku étaient marécageux. On y retrouvait de grandes quantités de grenouilles. A l'époque, il fallait une permission spéciale du "Tokyo Frog Food Association" pour les capturer, le commerce étant strictement régit. Cela n'empêcha pas un commerce illicite parallèle de s'établir. En 1952, ce mystérieux "Tokyo Frog Food Association" érigea une stèle afin de remercier les grenouilles et de leur demander pardon (?). Note: il n'est pas clair pourquoi les grenouilles étaient capturées, les Japonais en mangèrent peut-être autrefois, mais ils n'en mangent plus aujourd'hui -sauf à Okinawa apparemment. Peut-être furent-elles exportés? 

Finalement, quelques bloggeurs se sont déjà intéressés à cet unique endroit. Vous pouvez consulter les sites suivants, celui du "kaeruclup", et un autre (les sites sont en Japonais). Par contre, les billets datent de plusieurs années. Je vous invite à regarder mon album photos du temple Houryuji sur Flickr.

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27/08/09

Parlons baseball!

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Malgré le fait qu’il soit en perte de vitesse en termes de popularité, notamment auprès des jeunes, le baseball (野球 yakyu) reste "big in Japan". Ce sport fut apparemment introduit au Japon en 1872, mais ses origines sont nébuleuses. Petit à petit le pays du soleil levant s’est hissé parmi les puissances dans le domaine tant aussi bien que la nation a même remporté les honneurs de la World Baseball Classic deux fois de suite. Aujourd’hui plusieurs joueurs nippons jouent dans la Ligue Majeure de Baseball, dont le lanceur Daisuke Matsuzaka des Red Sox de Boston qui habita Edogawa-ku pendant un certain temps (j’ai réussi à ploguer mon arrondissement)!

Japan_Baseball_Cap

Le baseball nippon n’est pas si différent de celui de la LMB, sauf pour quelques détails techniques. Quelques exemples: une partie peut se terminer sur une nulle, la balle est plus dure et un peu plus petite, la zone de prise est plus restreinte, etc... Finalement, chaque équipe ne peut compter dans ses rangs plus de 4 joueurs étrangers.

Le 19 août passé je suis allé voir avec des membres de ma belle-famille les Yomiuri Giants l’emporter facilement 4-0 contre les pauvres BayStars de Yokohama. C’était une occasion pour moi de renouer avec le baseball depuis le départ des Expos de Montréal, 5 ans déjà. Même que l’influence de Montréal se faisait sentir par moment; j’avais presque l’impression d’être au Stade Olympique! Ne riez pas, c’est vrai. Saviez-vous par exemple que c’est à Montréal où débuta la tradition de la musique marquant l’arrivée d’un frappeur au bâton? Voici un article intéressant à lire et qui montre à quel point les Expos ont révolutionné le sport à plusieurs niveaux.

Nos Expos, nos Amours

Puisqu’on est dans le vif du sujet, je me permets d’ouvrir une parenthèse, car pour les Québécois de ma génération le baseball n’a rien d’exotique. Il était commun pour les garçons de porter une casquette des Expos pendant l’été et d’avoir un gant de baseball à la portée. Pour une équipe de baseball, le bleu-blanc-rouge des Expos était assez original. D’ailleurs, croyez-le ou non, je vois de temps en temps des gens porter des casquettes des Expos à Tokyo!

Montreal_Expos

J’en ai passé des soirées, des samedi soirs surtout, des dimanche après-midi assis devant le téléviseur afin de voir mon équipe à l’œuvre. Tenez, dans cette pub des années 1980, on peut voir Tim Raines sauter après avoir soutiré un but sur balle. Si ma mémoire ne fait pas défaut ceci avait permit aux Expos d’égaliser à la 9e manche puisqu’il y avait 3 joueurs sur les buts! De plus, je me souviens même qu’à une époque ultérieure nous écoutions les parties à la TV et à la radio en même temps. La TV, c’était pour capter l’image, tandis que la radio c’était pour écouter le duo explosif Jacques Doucet et Rodger Brulotte; ces gens avaient réussi l’impossible, rendre le baseball excitant à la radio! Lorsqu’un joueur des Expos cognait un circuit on s’assurait de monter le volume afin d’écouter l’effet sonore qui marquait l’événement! Il fallait le faire quand même. Souvent la nuit, pendant que j’étais dans mon lit faisant mine de dormir j’écoutais les parties en cachette avec mon walk-man. Le sommeil était doublement réparateur après une victoire de nos Amours! La belle époque. Mes joueurs préférés? Tim Raines, Gary Carter, Andre Dawson, Pascual Perez (et ses mimiques au monticule), El Presidente Martinez, le chat Galarraga, etc... (ah tiens, aucun joueurs des dernières saisons figurent sur la liste). Aussi, une expérience dont je suis fier d'avoir assisté: j'étais au stade lors du match le plus long de l'histoire des Expos (23 août 1989, 22 manches, gagné 1-0 par les Dodgers).

Puis, qui ne se souvient pas de la fameuse saison 1994, l’année des espoirs? Les Expos étaient la puissance de la ligue, massacrant toutes les équipes sur leur chemin. Nul doute que la Série Mondiale était à leur portée. Je me souviens entre outre de Henry Rodriguez enchaînant les circuits un après l’autre; Les gens lançaient des barres de chocolat Oh Henry sur le terrain… Là, les Américains ne la trouvèrent pas drôle. Puis on sait comment cela s’est terminé. Cette fameuse grève, plus qu’on y pense plus qu’il y a des airs de complots là-dedans. Les équipes montréalaises subséquentes étaient certes compétitives, mais le coup de poignard de 1994 fut à mon avis le début de la fin. Je n’ose même pas parler de la pathétique saga qui suivit l’arrêt de travail et de l’escroc qui a manigancé le tout en vue de déménager l’équipe à Washington. Petite consolation: la franchise est un flagrant échec à Washington.

Je me souviens du jour de la dernière partie de nos Amours. Je marchais dans Verdun en soupesant les pour et les contre d’aller voir cette dernière partie. J’avais finalement opté contre. La vérité est que j’avais déjà fait une croix définitive sur le baseball à Montréal. Même qu’afin de faciliter la transition post-Expos, j’avais développé une certaine haine du baseball. Ça a duré longtemps. Ici au Japon, il y avait toujours un peu d’amertume qui remontait à la surface quand je croisais de jeunes nippons avec leur uniforme de baseball sur le dos. C'est pour vous dire...

Une équipe perdue, une autre retrouvée?

Donc, quand j’ai assisté à la partie des Giants, c’était un peu ma façon de me réconcilier avec ce sport. Les Expos me manquent, mais puisque j’habite dorénavant Tokyo j’encourage donc mon équipe, les Giants! Ça ne sera certes pas comme avant, mais au moins c'est ça. Le fait que l'équipe n'oeuvre pas dans la LMB aide un peu. Petite anecdote: je portais pour l’occasion ma calotte rouge des Canadiens de Montréal. Sauf qu'à bien y penser le CH aurait pu faire référence aux Carps d’Hiroshima! Je compte me procurer une casquette des Giants la prochaine fois afin de rentrer dans le rang. Tenez, voici une vidéo de ma visite.



A propos des Tokyo Giants, ce sont comme les Yankees de New York; une équipe riche et arrogante qui signe les meilleurs joueurs disponibles sur le marché. Donc, qui est presque toujours compétitive et qui collectionne les championnats à tour de bras. Bref, on les aime ou on les haït! Leur logo rappelle étrangement celui des Giants de San Fransisco. En effet, il fut calqué sur celui-ci lorsque les Giants étaient à New York.

Quant à mon expérience comme telle au Tokyo Dome, voici quelques détails que j’ai remarqué: les sièges sont plus petits et l’espace pour nos jambes moins grande qu’au Stade Olympique. Ce n’était pas vraiment confortable et surtout pas pratique pour ceux qui sont assis au milieu de la rangée et qui doivent aller au p’tit coin. Heureusement, j’étais assis à côté des escaliers. En tout cas, j’aurais beaucoup de mal a imaginer ce genre d’aménagement en Amérique! Aussi, Le Tokyo Dome a une capacité de 45600. Pourtant, dans une agglomération qui compte plus de 30 millions de personnes, je crois qu’on pourrait facilement ajouter 40000 sièges, non?

En général, les fans applaudissent les bons coups sans plus. Les fans des Giants font tourner leur écharpe orange lorsque leurs favoris marquent un point. Par contre, ce sont les fans dans les "bleachers" qui sont responsables des décibels. Ils sont très organisés, peut-être même trop. C’est un peu impressionnant, mais en même temps ça fait pas très naturel. Je préfère la spontanéité de la foule nord-américaine. Aussi, une section dans le stade est généralement réservée aux fans de l’équipe opposée. Il semble que chaque groupe font entendre leurs encouragements lorsque leur équipe est au bâton seulement. Chaque groupe a son temps, pas d'empiètement. On dirait un genre de code de bonne conduite. C'est bien différent des stades nord-américains où les fans de l’équipe locale se font un devoir d’enterrer les encouragements des partisans de l’équipe ennemie!

Finalement, il faut bien parler des "Beer Girls", ces jeunes femmes (pour ne pas dire des filles) qui parcourent les estrades sans relâchement afin d'étancher la soif des amateurs. De vrais petites abeilles à l'oeuvre. Elles méritent pleinement leur salaire. Par contre, elles sont si nombreuses qu'on finit par se demander si le spectacle est dans les gradins ou sur le terrain!

Posté par 1GAE à 10:38 - Japon divers - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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